Rapport annuel et annexes IFRS : toujours beaucoup de lourdeur

Au sujet des notes annexes des rapports annuels IFRS et des documents de référence des sociétés cotées, toutes les critiques ont déjà été formulées : trop de volume (des centaines de pages pour les plus grands groupes), manque de hiérarchisation, priorité à la quantité plutôt qu’à la qualité, absence de lisibilité de certaines notes techniques (IAS39) etc.

En cette période de publication des documents de référence pour les plus grands groupes, bon nombre de consolideurs sortent avec soulagement de cette période particulière de l’année qu’ils ont consacrée avec leurs équipes à la préparation et à la relecture des notes annexes. Et n’osant pas avouer qu’une partie non négligeable de leurs travaux a consisté à vérifier… les erreurs d’arrondis et les cohérences entre tableaux chiffrés des notes annexes et postes correspondant des état financiers (NB : il existe des outils qui peuvent vous faire gagner du temps et de la qualité ! On y reviendra dans ce blog).

Pour les plus petites sociétés, la préparation du rapport annuel IFRS reste une étape laborieuse, quelquefois « pilotée en sous-main » par les auditeurs. Ou confiée aux consultants en tout ou partie (dont je fais partie).

Pour les sociétés qui envisagent d’adopter les IFRS, ou qui sont en cours d’adoption, le sujet est souvent sous-estimé. Par expérience, je note que les projets de transition aux IFRS se concentrent souvent sur les problématiques d’évaluation et de présentation des comptes, sans prendre suffisamment en compte la partie relative à la préparation des notes annexes. Le paramétrage des outils de consolidation doit notamment intégrer tous les besoins de l’annexe IFRS.

Bref, le rapport annuel IFRS reste pour tous un sujet de préoccupation important. Toutes les entreprises cherchent à améliorer la lisibilité de leur performance vue de l’extérieur, et la productivité des services qui préparent l’information vue de l’intérieur.

Aussi vois-je avec intérêt toute initiative qui viserait à simplifier la tâche des entreprises, et donc de mes clients. Notamment, je n’avais pas prêté suffisamment attention au rapport de l’Autorité des Normes Comptables (ANC) visant, pour les petites sociétés cotées uniquement, à simplifier l’annexe des comptes IFRS (rapport publié en Octobre 2011). Je détaillerai les points clés de ce rapport dans mon prochain billet.

Je rappelle ici pour mémoire, et pour conclure , les préconisations formulées au cours d’une conférence Les Echos Conférences/PwC du 9 octobre 2007 à laquelle participait Philippe Danjou (membre de l’ IASB). Cela date, mais reste d’actualité.

Comment les entreprises peuvent-elles améliorer les annexes aux comptes IFRS et mieux répondre aux attentes du marché ?
(Extrait article des Echos 13/12/2007) :

« Privilégier les informations significatives eu égard à la compréhension des états financiers
(…) Au lieu de s’attacher à communiquer l’exhaustivité des informations requises à partir de « check-lists », les entreprises devraient être plus sélectives en analysant, pour chaque obligation d’information, d’une part si cette obligation concerne l’entreprise et, d’autre part, si elle est significative. Seules les informations de portée significative méritent de grands développements.

« Décrire l’application des méthodes comptables, mais en reflétant les spécificités de l’entreprise
Recopier les textes IFRS est inutile pour les analystes financiers et les investisseurs. En effet, il est préférable d’expliquer comment la société a appliqué les principes comptables compte tenu de ses spécificités, de ses activités, de ses marchés, de son environnement, etc.
Par exemple, au lieu de lister les critères IFRS de comptabilisation des ventes de biens et de services, il est plus utile pour les analystes financiers d’expliquer la manière dont ces critères sont appliqués à chaque activité présentée par le groupe.
De même, recopier la définition IFRS de la valeur recouvrable des immobilisations corporelles et incorporelles, comme étant la plus haute des valeurs entre la valeur d’usage et la valeur de marché, n’apporte aucune information au lecteur des états financiers. Il sera plus utile d’expliquer les méthodes de calcul retenues pour estimer ces deux valeurs.

« Communiquer sur les jugements de la direction, les choix comptables clés et les estimations
Ces informations sont particulièrement importantes pour analyser la performance d’une société et la comparer avec celle de ses concurrents. En effet, il existe une assez forte sensibilité du résultat et de certains indicateurs de performance aux options retenues par la direction. Ainsi, en matière d’estimation, les IFRS requièrent notamment d’expliquer les hypothèses retenues, la sensibilité des valeurs comptables à ces hypothèses ou au choix des modes de calcul, les incertitudes, etc. En pratique, ces informations concernent notamment les évaluations et les dépréciations d’actifs corporels et incorporels, les provisions, les engagements de retraites, les instruments financiers et les risques associés, etc.

« Structurer, hiérarchiser et présenter avec pédagogie les informations notamment lorsque les normes en exigent beaucoup

Tel est le cas des normes relatives aux dépréciations d’actifs corporels et incorporels, aux stock-options ou encore aux instruments financiers.
Hiérarchiser permettra à l’entreprise de faire ressortir les informations les plus pertinentes à la compréhension de ses états financiers.

Ces recommandations pour améliorer la lisibilité et la pertinence des notes annexes ont été confirmées par Sophie Baranger, Directeur des Affaires Comptables de l’AMF, interrogée par nos soins dans le cadre de la journée Arrêté des comptes IFRS du 9 octobre 2007 ».

> Pour en savoir plus consultez nos experts

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