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Archives pour la catégorie ‘Humour’

Ce dimanche, on vote pour départager les candidats à la Présidentielle 2012. La Grande Boucle sera (enfin) finie et on espère pouvoir démonter le chapiteau. La lutte a été chaude, aucun dopage on le jure !

Même si les coureurs avaient visiblement monté un drôle de vélo pour faire avancer les débats et bien placer notre pays dans la compétition mondiale :

 

La petite reine au secours d’un grand roi ?

© dessin de black12

Après avoir fini son Tour de France, le candidat élu devra se lancer dans le Tour du (nouveau) Monde. Avec ses promesses en poche, il faudra prendre de la hauteur. Je lui conseille donc le ballon en 80 jours qui s’envole dans les nuages, plutôt que la petite reine bricolée pendant la campagne qui risque de coller un peu trop à l’asphalte.

Allons voter !

Le grand match télévisé du second tour est programmé le mercredi 2 mai de 21h à 23h. Le débat présidentiel va opposer Nicolas Sarkozy (UMP) à François Hollande (PS). Les sirènes du port de Paris vont-elles glisser dans vos oreilles leurs partitions politiques inédites ?

 

Les sirènes du port de Paris, céramique grecque

 

© dessin de black12

Qui sont ces sirènes ?

Une fois encore, il faut remonter à la Grèce mythologique. Mi-femmes mi-poissons, dotées d’une beauté maléfique et d’un charisme pas possible, elles séduisaient les électeurs qui, attirés par les airs magiques qu’elles jouaient à l’aide de leurs flûtes, perdaient le sens de l’orientation, fracassant leurs bateaux sur les récifs où ils étaient dévorés par ces enchanteresses.

Tel Ulysse, attachez vous à votre fauteuil en regardant TF1, LCI, France 2, LCP, Public Sénat, BFM TV, i>Télé ou TV5Monde, car ainsi vous résisterez à leur pouvoir de séduction.

Homère raconte en effet qu’à l’approche des sirènes et après avoir été mis en garde, Ulysse se fit attacher au mât de son navire pour pouvoir jouir de leur chant sans se précipiter vers elles malgré la tentation. Suite à cela, les sirènes se seraient suicidées de dépit en se jetant dans la mer du haut de leur rocher. Attention donc aux résultats de l’Audimat jeudi matin, ce serait dommage de perdre l’un des deux candidats choisis par les français au premier tour…

 

La course à l’électorat et les sujets de campagne depuis le second tour des présidentielles françaises me font penser à l’histoire des deux petites souris qui courent à côté d’un gros éléphant dans le désert :

- La première souris, qui vient de regarder en arrière, dit à sa copine, l’autre petite  souris :

- « Retourne toi et regarde  ! C’est incroyable ce qu’on peut soulever comme poussière… »

 

Deux petites souris dans le désert, courent à côté d’un gros éléphant

Mais au fait, quizz du jour, qui sont donc ces petites souris ? Et si l’éléphant, c’était le monde qui bouge ?

 

Deux petites souris dans le désert

 

© dessin de black12

Avant d’aller voter dimanche, je vous conseille de relire les morceaux choisis que j’ai pu sélectionner dans la presse, parmi les nombreuses déclarations des principaux prétendants à la couronne.

On y parle de finance, de comptabilité, d’Ordre des Experts Comptables, de Compagnie des Commissaires aux Comptes, d’ANC, d’IASB, de FASB, d’EBIT, d’EBITDA, d’actionnaires, de marchés financiers, de projets ambitieux pour la France…

 

Déclarations de nos candidats – février avril 2012 :

 

JEAN-LUC MELENCHON

 

« Ô peuple des petits comptables et des DAF asservis, lève toi ! Prends le pouvoir au sein des entreprises, fais de l’Ordre des Experts comptables un syndicat révolutionnaire, renverse les Comités Exécutifs des multinationales qui t’exploitent ! ».

« Les principes comptables internationaux sont de toute évidence au service des bénéfices et des actionnaires. Le Peuple instaurera un plan comptable républicain, qui interdira les comptes de provisions pour restructuration ».

« Le bénéfice sera encadré. Le parlement votera une loi qui interdit les comptes de produits supérieurs à 10 fois les charges ».

« Je nationaliserai la Compagnie des Commissaires aux Comptes et je pourchasserai fiscalement tous ceux qui, parmi ses membres, conduiront une BMW ou une Mercédès. Il faut interdire le profit dans les instances de contrôle. Ne mélenchons pas les torchons et les serviettes ! ».

 

 

FRANÇOIS HOLLANDE

 
déclarations présidentielles comptables

 

« Le bilan des 5 dernières années est accablant pour le candidat-président. Certaines entreprises affichent des dépenses supérieures aux produits, créant même parfois des pertes ! S’il existe des principes comptables internationaux qui imposent aux entreprises de comptabiliser manifestement  trop de charges, eh bien c’est simple, on ira les renégocier auprès de l’IASB ».

« L’ IASB a besoin de la France ! ».

« Je serai celui qui relancerai à la fois les produits et les charges, en favorisant le chiffre d’affaires, mais en gonflant aussi les dépenses, mais pas trop, tout en rétablissant à leur juste valeur les rémunérations du personnel et les cotisations sociales qui augmenteront fortement, mais sans effet final sur les comptes par le mécanisme de transfert décrit page 12 de mon programme … pour redonner enfin au plan comptable son rôle d’équité social qu’il a perdu ».

 

 

MARINE LE PEN

déclarations sur la comptabilité et la finance

 

« Supprimons les agrégats financiers venus de l’étranger, à bas l’EBIT et l’EBITDA ! »

« Protégeons l’ANC (Autorité des Normes Comptables) de la mondialisation ! Mort à l’IASB et au FASB dirigé par Israël, le Maghreb et Dark Vador ».

« Je ferai voter le retour au plan comptable de 1957, aux comptes libellés exclusivement en francs, aux statuts tels que rédigés par le Maréchal Pétain lorsqu’il a fondé l’Ordre des Experts comptables en 1942 ».

« Érigeons d’urgence un nouveau principe comptable de moralité qui guidera les pratiques françaises et redonnera à la France la place et la reconnaissance comptable mondiales qu’elle a perdues depuis que la Droite et la Gauche se partagent odieusement le pouvoir ».

 

 

NICOLAS SARKOZY

 

 

« Mes chers compatriotes, le plan comptable général est menacé. Ceux qui travaillent, les comptables, les contrôleurs de gestion et les DAF de la France qui se lève tôt, ont droit à un cadre qui protège leurs droits, mais leur donne aussi des devoirs ».

« Je lancerai une large concertation pour mener à bien un ambitieux projet de simplification et de moralisation des normes comptables ».

« Une loi de simplification des règles comptables, dite de Répartition Ethique des Marges des Entreprises (RIME), sera soumise  au Parlement en urgence dès le lendemain de mon élection. RIME à quoi ? Cette loi est simple, mes chers compatriotes. Elle posera le principe d’un ratio d’allocation des marges basé sur 5% de  la masse salariale, hors CSG mais incluant l’intéressement, plafonné à trois fois le dixième du résultat fiscal de l’année précédente, divisé par le chiffre d’affaire total de l’entreprise (à l’exception des activités de services occasionnels aux personnes), mais excluant les exportations et réintégrant la moitié de la TVA restituée par l’Etat lorsque la société est en perte depuis plus de 2 ans… »

« Nicolas Sarko, pas SarK.O. »

 

FRANÇOIS BAYROU

 

 

« Je crois que la plupart des comptables et des DAF sont aujourd’hui très débités par la vie politique. Vous noterez bien s’il vous plaît que je ne n’ai pas dit « dépités ». Eh oui, c’est de l’humour que seul un candidat à la Présidence de la République comme moi peut se permettre ».

« Cela fait 50 ans que l’on oppose les produits et les charges, créant un déséquilibre structurel des comptes des entreprises et des Etats. Je ne prendrai pas position, car bien entendu la problématique est ailleurs. Ces ventes et ces charges salariales, sont-elles produites en France ? Là se situe le cœur du problème, masqué par les divisions partisanes contre lesquelles nous devons nous battre ».

« Pour conclure, et comme je le disais lors d’une de mes conférences à l’Université de Pau en juin 1972,  « a cane non magno sæpe tenetur aper », ce qui signifie souvent le sanglier est arrêté par le petit chien « .

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Bon, les ami(e)s, maintenant que l’on sait tout, on va voter ?

 

© dessin de black12

Histoire Mondiale de la Comptabilité

J’ai été contacté sur ce blog pour aider les étudiants d’une prestigieuse Université (dont je cacherai le nom…) à préparer un sujet d’examen ou d’étude, énoncé  en quelques mots :

Pourquoi le « principe de prudence » n’a pu empêcher la crise financière ?

Il m’a semblé que le sujet était intéressant et pouvait toucher tous ceux ou celles qui gravitent dans le monde de la normalisation comptable, dans les entreprises, dans les cabinets et dans les organismes de régulation.

En devoir de week-end, je jette donc modestement sur ce blog une dizaine d’idées. Mesdames et Messieurs les professeurs, ne m’en veuillez pas, je ne fournis qu’un cadre de réflexion. Avec pour objectif d’avoir juste la moyenne…

1. La « crise financière » adressée par le sujet est manifestement celle débutée en 2007 aux USA (crise des « subprimes »), qui s’étend comme une traînée de poudre aux banquiers et aux assureurs à partir de 2008 (pertes de valeurs sur les titrisations de créances immobilières, perte de confiance entre banques, réduction brutale du marché interbancaire et extension à la « vie réelle » : raréfaction du crédit aux entreprises). La « seconde crise financière », celle des Etats et des dettes souveraines déclenchée à la fin de l’été 2011, est en partie une conséquence indirecte de la première, mais c’est surtout l’équilibre budgétaire des états et la gouvernance qui sont en cause, thèmes sur lesquels le principe comptable de prudence n’a que peu d’impact

(votre prochain bulletin de vote sera sans doute plus déterminant sur ce thème que les principes comptables).

 

2. Le « principe de prudence » est le plus basique des principes comptables.

Les critiques du monde comptable sont fréquentes ( !) et le comptable est effectivement souvent présenté comme un professionnel pourvu d’une prudence excessive. L’inventeur de la création de valeur (Bennett Stewart « The Quest for value ») ironisait sur le modèle de pensée comptable, qu’il caractérisait en ces termes plutôt drôles : « When In doubt, debit »… application du principe de prudence ?

Les principes comptables influent-ils donc sur la personnalité de ceux qui les appliquent ? Il se peut aussi que ce soit l’inverse : les normes comptables ne sont-elles pas influencées par le caractère de ceux qui les rédigent ? Mais nous allons faire un hors sujet, revenons-en à la question.

(à vous étudiants de rechercher dans vos sources la définition du principe de prudence : principes comptables français, mais aussi et surtout Cadre conceptuel des normes IFRS).

 

3. Drôle de question : nombreux considèrent en effet que la comptabilité doit à priori rester neutre et ne devrait pas interférer sur l’économie réelle. Elle reflète la santé financière d’une entreprise, mais n’aggrave ni ne soigne les maladies dont elle souffre. Et pourtant la question n’est pas si stupide. Les « parties prenantes » intéressées par la lecture des bilans sont multiples (Etats, créanciers, investisseurs, salariés etc.) et les décisions prises sur la base d’informations comptables sont quotidiennes, dans tous les domaines. Les principes comptables participent en effet à la vie réelle des affaires.

(chers étudiants, à vous de creuser ce point).

 

4. En revanche, le sujet n’adresse pas directement la question qui a fait polémique (et toujours d’actualité), celle de la « FAIR VALUE ». Sur la base de ce principe comptable dominant en référentiel IFRS et US GAAP , les actifs financiers sont évalués à une « valeur de marché » ne prenant pas suffisamment en compte les facteurs d’illiquidité temporaire. En cas de crise de liquidité, qui caractérisait la première crise financière née en 2007/2008, l’application de la « fair value » aurait accéléré les dépréciations en chaîne des portefeuille d’actifs financiers. Conséquence : pertes comptables et effondrement brutal des capitaux propres des plus grands établissements de crédit et d’assurance. S’ensuit un feu nourri de critiques contre le modèle des principes internationaux IFRS et US GAAP. Les opposants à la « fair value » l’accusent d’être procyclique et d’aggraver la crise. Les défenseurs considèrent que les valeurs issues du marché restent toujours moins subjectives que celles concoctées par le management de l’entreprise, qui par définition est jugé sur ses résultats et n’est pas indépendant.

(Amis étudiants, ce n’est pas directement votre sujet, mais si vous voulez creuser, il faut lire et citer les normes IAS39, et IFRS13 Fair value measurement =>Norme IAS39 disponible dans la base documentaire de notre cabinet ATLIANCE).

 

4. Si démontrer le lien entre la crise financière et l’application de la fair value est facile, c’est beaucoup moins clair avec le principe comptable de prudence. En l’état actuel de la législation comptable, les actifs concernés « dépréciés » par la crise financière étaient majoritairement et obligatoirement sujet à évaluation en fair value, et non en principe de prudence.

 

5. Le sujet concerne essentiellement les banques et les assureurs. Les sociétés industrielles et de services n’étaient pas en première ligne au début de la crise. Ce n’est pas pour autant que ces dernières ont été épargnées. Leurs niveaux d’endettement très élevés dans certains cas a créé la panique, dans le contexte de raréfaction des crédits.

 

6. Pour bien cadrer le sujet, il faut délimiter le champ d’application du principe de prudence aux seuls actifs concernés. Amis étudiants, un peu de recherche comptable vous sera nécessaire.

IAS39 distingue différentes catégories d’actifs et définit les principes d’évaluation qui leur sont applicables. Le principe de prudence concerne essentiellement les prêts classiques, valorisés au coût amorti, avec un système de provisionnement reposant sur les risques de contrepartie et les pertes sur créances irrécouvrables attendues. Le principe de prudence ne s’appliquait pas en 2007 ou 2008 (ni encore aujourd’hui) aux portefeuilles d’instruments financiers de transaction, de titres de participations ou d’equity, aux intruments de couverture, qui ont été déterminants dans la crise financière.

 

7. Si votre sujet devient « si le principe de prudence s’était substitué au principe de fair value en 2008, aurait-on pu limiter l’accélération de la crise financière ?», nous glissons subrepticement dans l’art de la rhétorique. Ce n’est pas pourtant pas inintéressant pour des chercheurs et des étudiants. Creusez donc, et cherchez à déterminer si pour les portefeuilles d’actifs financiers concernés par la crise, les valorisations selon le « principe de prudence » auraient été mieux adaptées que celles résultant de la fair value.

(une idée : téléchargez sur internet le document de référence d’un grand établissement bancaire en norme IFRS, lisez la note sur les principes comptables et construisez votre typologie).

 

8. En pratique, personne ne croit au modèle de « retour à la valeur historique » des actifs financiers, avec application du « principe de prudence » pour enregistrer les éventuelles dépréciations. Les recherches actuelles vont vers une prise en compte des facteurs d’illiquidité du marché pour assouplir le principe de valorisation « mark to market » et ne pas faire de la « fair value » un principe comptable procyclique. Schématiquement, on doit distinguer les actifs financiers qui sont portés jusqu’à leur échéance ou qui ne sont pas cessibles immédiatement, des actifs qui font partie de positions de trading à rotation rapide. Pour les premiers, les modèles de fair value devraient être adaptés pour minimiser l’impact éventuel de l’illiquidité du marché.

(amis étudiants, voyez comment le modèle de la « fair value » en norme IFRS hiérachise les méthodes de valorisation en fonction de l’état de liquidité du marché).

 

9. Supposer que le « principe de prudence » aurait pu limiter la crise financière de 2008 me paraît être un pari intellectuel difficile à tenir.
Un principe comptable est théoriquement « neutre », et n’a pas vocation à limiter l’engouement, et peut-être l’aveuglement du marché et des entreprises qui investissement dans les actifs concernés. Il ne faut pas confondre principes comptables et contrôle interne.

a) Lorsque le marché est « bull », les prix augmentent, les opérateurs et les entreprises ont confiance, la valeur augmente. Le principe de prudence n’intervient pas , car il n’y a pas d’indicateur de perte de valeur. Le principe ne remet pas en cause l’éventuelle suréavaluation d’un actif, par rapport à une prétendue « valeur intrinsèque » qui est introuvable.

b) Lorsque le marché bascule et devient « bear », le principe de prudence entraîne le provisionnement des pertes probables de réalisation. Mais sur la base de quelle estimation ? On en revient à différents modèles de « fair value » : valeurs de réalisation/marché ? valeurs d’usage ? valeurs d’utilité ? Vu la complexité des actifs financiers incriminés en 2007 (point de départ : les titrisations immobilières « subprimes »), l’application du principe de prudence n’aurait à mon avis apporté aucune réponse claire. Ce type de principes fondateurs en comptabilité ne sont crédibles que s’ils sont accompagnés de guide d’application concrète. Mon expérience de praticien est que c’est trop rarement le cas. Et en ce qui concerne spécifiquement la crise et la « panique d’évaluation » qui s’en est suivie,je pense qu’on peut affirmer que personne ne détenait le cadre de référence magique permettant d’évaluer les subprimes, même pas les opérateurs qui avaient imaginé ces produits devenus soudain « toxiques ».

 

10. En conclusion, je vous propose ce thème : ne faisons pas de la France un village d’irréductibles comptables gaulois opposés dogmatiquement à des normes « venues de l’étranger ». Le vrai sujet, c’est notre capacité à faire évoluer des normes comptables dans un contexte mondial, pour les adapter le cas échéant lorsqu’elles sont imparfaites. Cela demande beaucoup d’énergie, des esprit positifs et ouverts, beaucoup d’intelligence aussi… et donc de nombreux étudiants qui se passionnent pour ces sujets.

 

PS : Si vous êtes d’accord avec cette conclusion, et que je corrige votre copie, vous aurez 20/20.

Si vous n’êtes pas d’accord, et que vous argumentez, pas de problème …vous aurez toujours 20/20 !

Après avoir proposé aux Dieux de changer de nom pour brouiller les pistes des créanciers de la Mont Olympe SAS (Voir : DS;K explique aux Dieux grecs comment effacer leurs dettes ), DS;K fit une nouvelle proposition :

« Dieux grecs, une idée sublime me vient : le paradis, vous y êtes déjà. Ce qu’il vous faut désormais, c’est un paradis… fiscal ! »

Ainsi naissait dès les temps les plus anciens l’idée odieuse des délocalisations fiscales. Mais les Dieux devaient voter la décision à l’unanimité. Un seul vote négatif, et c’était fichu. Le refus vint du Dieu des Ténèbres, Hadès, frère de Zeus et Roi des Morts.

Hadès se leva de son char et hurla cette phrase devenue célèbre  :

 

Au conseil de la Mont Olympe SAS, en l’an 2012 avant JC

  

 

HADES (furieux): Jamais le Dieu des Enfers n’ira au Paradis, même fiscal !

 

DS;K, compris qu’il s’était trompé. On ne délocalise pas l’Enfer au Paradis fut-il fiscal, c’est une question d’éthique.

Pourtant, il revint avec une nouvelle idée quelques temps plus tard et tint ce discours, visant particulièrement à convaincre Hadès :

« Dieux, je m’étais trompé. Pour rembourser vos dettes, il ne vous faut pas un paradis fiscal chez vous, mais un ENFER FISCAL chez les autres !  »

Hadès et ses copains applaudirent et votèrent à l’unanimité la résolution ! On décida d’aller taxer les humains au pied de l’Olympe.

Que de sagesse antique, le concept fait encore merveille aujourd’hui…

 

© dessin de black12

Histoire Mondiale de la Comptabilité
Des origines à la partie simple

Face à la montagne des dettes du Mont Olympe (sic), DS;K le plus sage des satyres, réfléchissait au moyen de sauver son patron, le dieu Dionysos, et tous ses collègues dieux et déesses actionnaires de la Mont Olympe SAS.

DS;K eut une idée lumineuse. Il conseilla aux Dieux de brouiller les pistes afin que les créanciers de la Mont Olympe SAS ne puissent plus recouvrer leurs actifs. Voici ce qu’il leur dit :

 

DS;K : 
Dieux, pour effacer vos dettes et brouiller les pistes, je vous propose de changer vos dénominations sociales.Zeus, tu devrais t’appeler Jupiter,

Dionysos, tu pourrais devenir Bacchus,

Aphrodite … Vénus

Hermès … Mercure

Etc.

 

 

Très fort ce DS;K ! C’est exactement la méthode qui fut appliquée quand l’Empire Romain chercha à reprendre la main sur les finances de la Mont Olympe SAS, et qui permit aux Dieux d’effacer près des trois quarts de leurs dettes.

 

Pour le remercier de cette brillante idée, Zeus prit DS;K à part et lui dit :

« Mon bon DS;K, si tu as toi-même un jour besoin de te faire oublier, appelle moi. Voici mon numéro de portable  ».

Malheureusement, l’histoire dit que le vieux DS;K perdit ce précieux numéro au cours d’une partie fine avec Héra, l’épouse même de  Zeus…

 

© dessin de black12

Histoire Mondiale de la Comptabilité
Des origines à la partie simple

 

Fraîchement nommé aux finances (Voir l’article : Dionysos nommé aux finances du Mont Olympe), le dieu du Vin, de la Comédie et de la Tragédie prit à cœur ses fonctions. Il se donna rapidement deux missions :

  • Investir l’argent des dieux, et,
  • Refinancer la dette grecque.

Sur le volet investissement, Dionysos créa le FMO (Fonds Monétaire de l’Olympe). Mais il lui fallait un grand professionnel pour le gérer.

Il consulta ses compagnons, les satyres, qui lui conseillèrent de désigner DS;K (1). le plus sage d’entre eux. Le choix était bon, car ce dernier avait une excellente connaissance des marchés et de la finance antique.

Sur le volet restructuration de la dette, Dionysos consulta un oracle qui lui décrivit avec précision l’invasion prochaine des romains, et la création d’une monnaie unique au sein de l’Empire Romain.

On dit que Dionysos eut alors ce mot célèbre :

 

Dionysos : « Mes chers compatriotes, gardons tête froide, pas de panique, ce n’est pas un drachme ! » 

Malheureusement, l’oracle prédit aussi la création par les pays barbares du Nord d’un machin pour contrôler les grecs et la Mont Olympe SAS, si les dieux ne remboursaient pas.

Très inquiet cette fois, Dionysos demanda à DS;K de contacter immédiatement la « God Mansaks » (2) afin de masquer le véritable montant de la dette grecque. La banque fit merveille, et mit en place des montages financiers si sophistiqués (3) que même Zeus n’y comprenait rien.

 

NB : les consultations d’archives révèlent que Dionysos non plus n’avait rien compris au montant des commissions qu’allait lui facturer la God Mansaks…

 

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(1) « DS » Doyen des Satyres ; « K » pour capital en grec ancien.

(2)  God Mansaks/Banque des Dieux ; « mansaks » pour banque en grec ancien.

(3) Aucune traduction disponible pour « swaps de devises » en grec ancien .

 

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Histoire Mondiale de la Comptabilité
Des origines à la partie simple

 

Dans la Grèce mythologique, Zeus se débattait déjà avec le déficit. Il faut dire que le train de vie des Dieux s’accélérait singulièrement ces derniers temps :

  • Les frais de déplacement d’Héraclès devenaient prohibitifs (de retour de Crète avec le Taureau de Minos sous le bras, il repartait directement en Thrace pour terrasser les juments de Diomède, en catégorie Business)
  • Les bijoux d’Aphrodite coûtaient cher (le cours de l’or grimpe en temps de crise…)
  • Et la liste des maux à financer dans la boîte de Pandore ne cessait de s’allonger !

Au septième jour du déficit, Zeus réunit donc le conseil de l’Olympe pour trouver un responsable des finances. Mais aucun dieu ne voulait se charger d’une tâche si ingrate. Ministre des Sports, de l’Amour, des Océans ou de la Guerre, pourquoi pas …mais pas du Budget ou des Finances.

Profitant de son demi-sommeil éthylique, après un déjeuner bien arrosé, on désigna alors… Dionysos, dieu de la vigne et du vin.

A la surprise générale, il s’acquitta avec brio de sa mission. En particulier,  il animait avec grande intelligence les réunions des oracles financiers, à qui la « Mont Olympe SAS » présentait ses comptes chaque année, vers le mois de février.

 

Réunion de présentation des résultats de la « Mont Olympe SAS »

   

 

 

Dionysos :  Certes, en cette année -2011, les pertes se sont aggravées. Les comptes ont viré au rouge, mais pas n’importe quel Rouge !    Epanoui, frais, épicé, avec une pointe de cassis ! Un grand millésime …

Choix étrange mais judicieux. Dionysos étant aussi le dieu de la comédie et de la tragédie, il sut faire passer des mesures qui pourraient être considérées comme le premier plan de rigueur grec. L’Eurogroupe pourrait peut-être s’en inspirer. Mais c’est ce que nous verrons dans un prochain billet…

 

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Histoire Mondiale de la Comptabilité
Des origines à la partie simple


Le billet du jour est une histoire réelle, mais oubliée.

Le 17 février de l’an – 2012, au mont Olympe, se tenait le Conseil d’Administration des Dieux. Et Zeus n’était pas content ! En bas, près de l’Acropole, les représentants du peuple Grec ne pensaient qu’à faire la teufe. Zeus convoqua le premier d’entre eux et lui tint ce discours :

Représentant, tu as encore failli ! Par ta faute, toi et tout ton peuple serez punis. Mais parce que je suis de bonne humeur, je te laisse tirer au sort votre condamnation :

-       Soit tu montes en haut de cette colline avec ton peuple, en portant ce gros rocher (depuis le Tartare, Enfer ndlr),

-       Soit tu creuses le fond de ce trou (qu’on appelle « Déficit »)  jusqu’à atteindre le Tartare.

Bon, vous connaissez la suite.

Le représentant grec tira la bonne pioche : son peuple fut condamné à creuser éternellement le Déficit, mais au moins aucun aigle ne lui mangeait le foie pendant la journée. Sauf peut-être depuis une période très récente.

C’est le pauvre Sisyphe qui récupéra le Rocher, alors qu’il passait en jugement au Tribunal des Dieux également ce jour là…

 

Depuis cette lointaine époque, les sommets de l’Union Européenne ont remplacé les Dieux, mais le Mythe du Déficit continue. On se demande même si Zeus ne devrait pas intervenir à nouveau pour solutionner le problème, une bonne fois pour toutes.

 

Sommet Européen, devant le trou béant du Déficit grec

  

 

 

 

 

Chef d’Etat Ohé, les grecs, arrêtez de creuser, on vient de signer un accord avec Zeus !!!

 

Allez savoir… ça pourrait marcher.

 

© dessin de black12

Histoire Mondiale de la Comptabilité
Des origines à la partie simple